Le Livre d’or des morts pour la France : construction et usages d’un monument de papier
2013
Damien Richard

Extrait de : "Commémorer et dénoncer la guerre (édition électronique)"
Sous la direction de Pierre-Yves Le Pogam et Martine Plouvier
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Textes de ‘Ada Acovitsióti-Hameau, Françoise Bayard, Serge Bianchi, Isabelle Delorme, Marie-Noële Denis, Sylvaine Guinle-Lorinet, Charles Guisset-Chinarro, Benoît Jordan, Franck Kacy, Annie Lagarde-Fouquet, Coline Morice, Danièle Pingué, Renaud Pingué, Édith Pirio, Damien Richard, Virginie Riou, Nicolas Risso, Chloé Rosati-Marzetti, Isabelle Rouge-Ducos, Henri Veyradier
2013
p. 143-153
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le Livre d’or des morts pour la France, conçu en 1919 par le ministère des Pensions, constitue un monument à la guerre – ou à la paix –, monument de papier, miroir des monuments de pierre, les monuments aux morts érigés dans chaque commune, ou presque, du territoire français. Cette entreprise visait en effet à constituer un ouvrage de prestige, fort de quinze volumes, édité en vingt exemplaires seulement, dont un déposé au Panthéon. Si l’entreprise ne vit jamais son terme, les volumineuses traces matérielles qu’elle a laissées – 600 cartons d’archives comprenant environ 180 000 pages de listes nominatives par commune – amènent à s’interroger sur sa genèse, les étapes de sa mise en œuvre, tout au long des années vingt, l’implication d’acteurs aux stratégies divergentes (ministère et municipalités). On s’interroge également sur le devenir du fonds d’archives, son histoire, ses usages contemporains au regard de la mémoire, encore vive, de la Première Guerre mondiale.