Poètes engagés dans la Résistance : du surréalisme à L’Honneur des poètes
2013
Serge Bianchi

Extrait de : "Commémorer et dénoncer la guerre (édition électronique)"
Sous la direction de Pierre-Yves Le Pogam et Martine Plouvier
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Textes de ‘Ada Acovitsióti-Hameau, Françoise Bayard, Serge Bianchi, Isabelle Delorme, Marie-Noële Denis, Sylvaine Guinle-Lorinet, Charles Guisset-Chinarro, Benoît Jordan, Franck Kacy, Annie Lagarde-Fouquet, Coline Morice, Danièle Pingué, Renaud Pingué, Édith Pirio, Damien Richard, Virginie Riou, Nicolas Risso, Chloé Rosati-Marzetti, Isabelle Rouge-Ducos, Henri Veyradier
2013
p. 163-174
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le fil conducteur de cet article est « l’engagement » d’une génération d’écrivains-poètes entre les manifestes du surréalisme des années vingt et les années de guerre de 1940-1945. Un réseau de poètes et d’artistes formé autour d’André Breton partage les combats littéraires de l’avant-guerre. Louis Aragon, Robert Desnos, René Char, Paul Éluard, parmi bien d’autres, sont au premier plan des luttes politiques et artistiques de cette époque, des relations des intellectuels et du parti communiste, de la solidarité avec les républicains espagnols, malgré de multiples ruptures au sein du cercle des surréalistes. La guerre va contribuer à recomposer des liens et les réseaux parfois distendus par des évolutions divergentes. Les choix et les valeurs de la plupart des anciens surréalistes ne sont pas ceux de la majorité des intellectuels français. Il s’agit de voir comment ces poètes se sont engagés dans la Résistance. Nous nous attachons aux formes poétiques de cet engagement, à la fonction revendiquée de la poésie comme moyen de mobiliser les énergies et de résister, à la diffusion et à l’écho de ces poèmes de la défaite, du malheur, de l’occupation, du combat, de la victoire et du souvenir. L’analyse des liens entre poésie, engagement et résistance ne doit pas éluder les débats sur la question des risques encourus et sur l’accusation de trahison des « règles » du surréalisme. En croisant les destins et les œuvres de ce cercle de poètes (et de poétesses) « engagé(e)s », on peut saisir les motivations de leur fraternité, le sens de leurs combats, les raisons de leur immense popularité au moment de la Libération, avant les recompositions et les reclassements de l’après-guerre.