Le paysage ambigu : jardins et verdure dans le vieux Paris (XVIIe-XVIIIe siècles)
2013
Youri Carbonnier

Extrait de : "Comprendre les paysages urbains (édition électronique)"
Sous la direction de Pierre Pinon
135e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Neuchâtel, 2010
Textes de Bernadette Blanchon, Daniel Bornoz, Youri Carbonnier, Jean-Michel Carozza, Patrice Cervellin, Isabelle Commandré, Bertrand Desailly, Ambre Girou, Régis Huguenin, Pierre Jambard, Sibylle Le Vot, Franck Martin, Yann Nussaume, Pierre Pinon, Frédéric Pousin, Roméo Terral, Francesca Tesi Pozzi, Philippe Valette, Vivien Vassal, Michaël Wyss
2013
p. 45-59
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Alors que, au Siècle des lumières, la notion de paysage est réservée au monde rural, la verdure s’immisce habilement dans les quartiers médiévaux de Paris, là où, dans le corset de l’enceinte de Philippe Auguste, la densité du bâti semble lui interdire tout séjour. Certes, les jardins les plus importants se cantonnent à la périphérie, pas totalement détachée d’une ruralité pas si ancienne, mais les quartiers les plus denses profitent de jardinets qui occultent les murs voisins par des treillages. L’enceinte déchue accueille des jardins en terrasse, d’où le regard porte loin au-delà du parapet, comme sur les bords de Seine. Les berges fangeuses y sont colonisées par des jardinets bordés de palplanches, conquêtes timides sur un espace réputé public. Les îles accueillent, quant à elles, de véritables jardins d’agrément, séparés de la cohue des quais. Malgré leurs différences, tous sont confrontés à une même menace : l’avancée du bâti, à leurs dépens, qui s’accentue au XVIIIe siècle.