L’image sigillaire urbaine comme support d’un discours idéologique complexe, le cas de Tongres au XIIIesiècle
2013
Ambre VILAIN DE BRUYNE

Extrait de : "Représenter la ville : entre cartographie et imaginaire (édition électronique)"
Sous la direction de Pierre-Yves Le POGAM et Martine PLOUVIER
137e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Tours, 2012

Marie-Pierre ZANNIE, Ambre VILAIN de BRUYNE, Claude PETITFRÈRE, Jean-Sébastien CLUZEL, Sylvie CLAIR, Mehdi BELARBI, Laurence DANGUY, Hélène HATZFELD, Sophie BRONES, Annick BATARD, Patricia LIMIDO-HEULOT
Paris, Éditions du CTHS
2013
p. 21-31
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Les sceaux forment un corpus d’images élaborées par ceux-là mêmes qui les utilisent. Cette particularité contraint les sigillants à combiner sur leurs sceaux l’expression d’une double nécessité contradictoire : dire leur appartenance à un groupe tout en s’en différenciant. La personne morale que forme la ville n’est pas soumise à cette nécessité taxonomique étant donné qu’elle ne constitue pas à proprement parler un groupe identifiable. De fait, les sceaux urbains sont le support d’images extrêmement variées. Quels que soient leurs choix iconographiques, les villes expriment toujours les relations qu’elles entretiennent avec un environnement politique, une tutelle qu’elles subissent ou vis-à-vis de laquelle elles s'autonomisent. À cet égard, le syntagme texte-image dont se dote la ville de Tongres sur son sceau dans la première moitié du XIIIesiècle proclame avec force l’ancienneté et le prestige de sa fondation tout en rappelant de manière paradoxale son appartenance à l’église de Liège. Cette communication se propose d’explorer, à partir d’une composition singulière, issue d’un corpus peu exploité, combien l’image urbaine est dépendante d’une histoire des formes mais également d’une histoire culturelle et combien elle puise sa force au sein des sources scriptuaires. Le sceau urbain est le reflet d’un idéal que l’on souhaite mettre en image à l’aide d’un langage codifié, devenant de fait le support privilégié d’un discours idéologique d’une très grande complexité.