Paléopathologie de la guerre : l’exemple de la campagne de Russie
2014
Olivier Dutour, Alexandra Buzhilova et Rimantas Jankauskas

Extrait de : "Archéologie de la violence et de la guerre dans les sociétés pré et protohistoriques (édition électronique)"
Sous la direction d'Olivier Buchsenschutz, Olivier Dutour et Claude Mordant
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Textes de Gérard Bataille, Julio Bendezu-Sarmiento, Alexandre Beylier, Bruno Boulestin, Olivier Buchsenschutz, Alexandra Buzhilova, Marie-Hélène Días-Meirinho, Bernard Dedet, Émilie Dubreucq, Olivier Dutour, Henri-Paul Francfort, Eric Gailledrat, Rimantas Jankauskas, Jenny Kaurin, Sophie Krausz, Georges Marchand, Stéphane Marion, Sandra Péré-Noguès, Jean-François Piningre, Béatrice Vigié et Nicolas Rouzeau
2014
p. 25-36
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
Édition électronique, texte vendu en PDF
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Résumé
La découverte récente de deux charniers datant de la retraite de Russie (hiver 1812), l’un en Lituanie contenant les restes osseux de plus de 3 000 soldats de la Grande Armée et l’autre en Fédération de Russie, qui en a livré près d’un millier, a permis de développer une recherche paléopathologique sur ce grand conflit militaire européen historique, abordé cette fois par les méthodes des sciences archéologiques et anthropologiques. Les résultats de cette recherche paléopathologique révèlent des signes de violence interpersonnelle, pour la plupart anciens et plus souvent par arme blanche que par arme à feu. Ils témoignent aussi de gestes liés à la chirurgie de guerre, de gestion des cadavres en temps de conflit (charniers) et de stigmates osseux de détroussement des corps. Si certaines de ces observations appartiennent à ce contexte historique précis, d’autres sont tout à fait comparables à celles de périodes plus anciennes, ouvrant une perspective diachronique à la paléopathologie de la guerre.

Abstract
The recent discovery of two mass graves dating from the Russian retreat (Winter of 1812), one in Lithuania containing the remains of more than 3000 soldiers of the Grande Armée and the other in Federal Russia which contains more than a thousand, served in palaeopathological approach to this major military conflict of European History, using methods from archaeological and anthropological sciences. The results of this study bring to light interpersonal violence with mainly healed scars from bladed weapons more than from guns. They also reveal different techniques of war surgery, how bodies were dealt with in times of war (mass grave) and the marks left on the bones when the bodies were robbed. Some of these observations belong to this particular historical event; however others can be compared to those of much earlier periods, in a more general diachronic perspective on the palaeopathology of war.