Manger son ennemi : le cannibalisme préhistorique et la « guerre »
2014
Bruno Boulestin

Extrait de : "Archéologie de la violence et de la guerre dans les sociétés pré et protohistoriques (édition électronique)"
Sous la direction d'Olivier Buchsenschutz, Olivier Dutour et Claude Mordant
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Textes de Gérard Bataille, Julio Bendezu-Sarmiento, Alexandre Beylier, Bruno Boulestin, Olivier Buchsenschutz, Alexandra Buzhilova, Marie-Hélène Días-Meirinho, Bernard Dedet, Émilie Dubreucq, Olivier Dutour, Henri-Paul Francfort, Eric Gailledrat, Rimantas Jankauskas, Jenny Kaurin, Sophie Krausz, Georges Marchand, Stéphane Marion, Sandra Péré-Noguès, Jean-François Piningre, Béatrice Vigié et Nicolas Rouzeau
2014
p. 37-52
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
Édition électronique, texte vendu en PDF
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Résumé
De toutes les classifications plus ou moins complexes du cannibalisme humain, la seule qui soit pertinente oppose celui d’exception au cannibalisme institutionnel, et au sein de ce dernier l’endocannibalisme, funéraire, à l’exocannibalisme, guerrier. Même si l’exercice est difficile, pour les cas de cannibalisme préhistorique on peut trouver des arguments qui permettent d’essayer de répondre à la question des motivations de la pratique, plus spécifiquement à celle de son lien avec une violence armée intergroupe. À ce jour, Herxheim est le seul site pour lequel on puisse lui apporter une réponse formelle. Toutefois, il n’est pas impossible que l’exocannibalisme soit la seule forme que nous puissions reconnaître et que, de fait, cette réponse soit la même pour une grande partie des autres cas. Au-delà, ceci soulève la question d’une relation plus ou moins systématique entre le cannibalisme que nous identifions en archéologie et des phases de transformation profonde des sociétés.

Abstract
Of all of the more or less complex definitions of cannibalism, the only pertinent one opposes rare cases of cannibalism to institutionalised cannibalism that includes the two extremes of endocannibalism in funerary contexts and exocannibalism in the contexts of war. Even if it seems difficult to characterise prehistoric cannibalism, answers can be sought about the motivations of such a practice and in particular its link to intergroup violence. Herxheim is the only site to date for which we can give a definite answer. However we have to concede that exocannibalism could be the only type of cannibalism that we can identify, corresponding to most recorded cases. This also raises the question as to the relation between acts of cannibalism identified in the archaeological record and the phases of profound transformation in society.