Pratiques guerrières dans les steppes et les oasis de l’Asie centrale au premier millénaire av. J.-C.
2014
Henri-Paul Francfort

Extrait de : "Archéologie de la violence et de la guerre dans les sociétés pré et protohistoriques (édition électronique)"
Sous la direction d'Olivier Buchsenschutz, Olivier Dutour et Claude Mordant
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Textes de Gérard Bataille, Julio Bendezu-Sarmiento, Alexandre Beylier, Bruno Boulestin, Olivier Buchsenschutz, Alexandra Buzhilova, Marie-Hélène Días-Meirinho, Bernard Dedet, Émilie Dubreucq, Olivier Dutour, Henri-Paul Francfort, Eric Gailledrat, Rimantas Jankauskas, Jenny Kaurin, Sophie Krausz, Georges Marchand, Stéphane Marion, Sandra Péré-Noguès, Jean-François Piningre, Béatrice Vigié et Nicolas Rouzeau
2014
p. 79-96
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
Édition électronique, texte vendu en PDF
commander le PDF [prix : 3,00 €]
Résumé
Équipés d’une panoplie offensive et défensive adaptée que nous révèlent les textes (grecs, latins, iraniens, chinois), l’iconographie (art rupestre et mobilier) et l’archéologie (artefacts), les nomades des steppes d’Asie centrale excellèrent très tôt dans l’art équestre et maîtrisèrent plusieurs types de combat de cavalerie. Leur mode de vie pastoral nomade entra parfois en conflit avec celui des habitants des oasis agricoles, généralement soumis à de vastes formations étatiques (empires perse, grec, chinois). Ces empires, alternant entre conquête et défense, munirent leurs oasis et leurs villes de fortifications, parfois très bien conservées, que nous font connaître les recherches archéologiques notamment en Bactriane, en Sogdiane et en Chorasmie, tant pour se protéger dans le cadre des guerres intestines que face à la « menace nomade ». À l’aide des sources, des images et des documents archéologiques récents, la question des facteurs limitant les conquêtes impériales sera évoquée, mais aussi celle des éléments des succès militaires remportés par des formations nomades issues de l’Asie centrale lors de quelques épisodes historiques migratoires : Scythes, Parthes et Saka. Enfin, le problème sera posé de savoir si, en Asie centrale, la paix peut être distinguée de l’alliance, de l’allégeance, de la victoire et la domination.

Abstract
With their adapted offensive and defensive equipment revealed to us by texts (Greek, Latin, Iranian, Chinese), by iconography (rock art and objects) and by various archaeological artefacts, nomads from the Central Asian Steppes excel from an early age in equestrian skills and are masters of several forms of equestrian combat. The nomadic and pastoral way of life sometimes came into conflict with the inhabitants of the agricultural oases, which were generally under the control of vast states (Persian, Greek and Chinese empires). These empires alternated between conquest and defence, encircling their oases and cities with often well preserved fortifications, which have been identified by archaeological research in Bactria, Sogdiana and Chorasmia. This was in order to protect themselves as much against internecine wars as the nomadic menace. Using written sources, images and recent archaeological data, the question of the factors limiting imperial conquests will be tackled as well as the factors leading to the military successes of various Central Asian nomads during their historical migrations: the Scythians, the Parthians and the Saka. Finally we will ask if in Central Asia peace can be distinguished from alliance, allegiance, victory and domination.