Symboles de guerre, manifestations de violence : le cas de la fortification de l’âge du Fer de Pech Maho (Sigean, Aude)
2014
Eric Gailledrat

Extrait de : "Archéologie de la violence et de la guerre dans les sociétés pré et protohistoriques (édition électronique)"
Sous la direction d'Olivier Buchsenschutz, Olivier Dutour et Claude Mordant
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Textes de Gérard Bataille, Julio Bendezu-Sarmiento, Alexandre Beylier, Bruno Boulestin, Olivier Buchsenschutz, Alexandra Buzhilova, Marie-Hélène Días-Meirinho, Bernard Dedet, Émilie Dubreucq, Olivier Dutour, Henri-Paul Francfort, Eric Gailledrat, Rimantas Jankauskas, Jenny Kaurin, Sophie Krausz, Georges Marchand, Stéphane Marion, Sandra Péré-Noguès, Jean-François Piningre, Béatrice Vigié et Nicolas Rouzeau
2014
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
Édition électronique, texte vendu en PDF
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Résumé
La fortification de l’oppidum de Pech Maho se caractérise avant tout par sa démesure. Elle témoigne de préoccupations diverses, où les éléments à caractère symbolique et ceux plus strictement liés à un souci de défense se combinent, témoignant de réalités diverses irréductibles à la simple dualité temps de guerre / temps de paix. La complexification du système de défense entre le premier et le second âge du Fer, si elle apparaît comme une tendance globale à l’échelle du midi de la Gaule, trouve ici l’une de ses expressions les plus singulières.
L’autre originalité – bien involontaire cette fois – consiste en la destruction brutale du site dans les dernières années du IIIe s. av. n. ère. Des traces de combat et de pillage émaillent les niveaux de destruction mais, contrairement à ce qui était envisagé il y a peu encore, cet événement brutal ne marque pas la fin du site. Il apparaît désormais que peu de temps après la destruction, dont le caractère généralisé doit être remis en cause, une série de manifestations à caractère rituel s’inscrivent dans un apparent processus de commémoration, qui s’inscrit dans une thématique guerrière où la dimension héroïque semble mise en exergue.

Abstract
The fortifications of the Pech Maho oppidum can be first and foremost characterised by their excessive size. They combine symbolic aspects as well as defensive features and bear witness to the intransigent reality of times of war and peace. The fortifications, that generally became more complex between the Early and Late Iron Age in the South of Gaul, are here pushed to extreme limits.
The other originality – totally unintended – is the brutal destruction of the site towards the end of the 3rd century BC. Traces of battle and pillaging are evident in the destruction levels, but contrary to what was envisaged until recently, this brutal event does not mark the end of the site. A short time after its destruction, evidence of a series of ritual manifestations, probably part of a commemoration procession on a war theme or with a heroic dimension, has been unearthed.