Sociabilité et urbanité dans la cité-jardin du Stockfeld à Strasbourg
2014
Marie-Noële Denis

Extrait de : "Les Acteurs de la composition urbaine (édition électronique)"
Sous la direction de Brigitte Bertoncello
137e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Tours, 2012

Pierre-Yves le Pogam, Lorena Alvares-Delgado, Anna Maria Sixto Barcia, Fernando Suarez Golan, Annie Lagarde-Fouquet, Roseline Salmon, Nicole Even, Anne Debal-Morche, Catherine Bernie-Boissard, Roméo Terral, Denis Martouzet et Katia Ox, Brigitte Bertoncello, Serge Bianchi, Marie-Noële Denis, Martial Cavatz, Julio Velasco

Paris, Éditions du CTHS
2014
p. 172-182
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
  Article en pdf à télécharger gratuitement
En 1910, la municipalité de Strasbourg décide la création d’une cité-jardin au Stockfeld pour reloger les populations pauvres et laborieuses chassées du centre-ville par les travaux haussmanniens de la « Grande Percée ». L’appropriation par une population à équilibre socio-économique fragile de ce nouveau cadre de vie imposé par des urbanistes convertis à l’utopie de la cité-jardin, ne va pas se faire sans difficultés.
La société coopérative gestionnaire du site dut employer des méthodes coercitives pour contrôler l’occupation des logements (en particulier la sous-location) et créer par des concours l’émulation nécessaire à l’entretien des jardins. Néanmoins la cité du Stockfeld manqua toujours de la diversité sociale et fonctionnelle qui assure la cohésion d’une population urbaine : déséquilibre démographique et socio-économique, manque de travail sur place, absence de commerces, de locaux cultuels et culturels et d’associations spécifiques.
Il fallut attendre les années 1960 pour qu’émergent une association des locataires et une certaine communauté de revendications lors de la restauration de la cité, récemment classée à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Néanmoins, la stabilité de la population sur trois générations montre qu’elle s’est appropriée son cadre de vie au point de générer une nouvelle forme de propriété, fondée sur l’usage.