Prendre le temps du paysage
2014
Madeleine Griselin et Serge Ormaux

Extrait de : "Le Temps du paysage (édition électronique)"
Sous la direction de Didier Bouillon
129e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Besançon, 2004
Textes de Jean-Pierre Deffontaines, Madeleine Griselin, Claire Marchand, Sébastien Nageleisen, Serge Ormaux, Bernard Rollet, Antonella Tufano-Vionnet, Philippe Valette, Jean-Claude Wieber
2014
p. 21-34
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
Édition électronique, texte vendu en PDF
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Les paysages des cartes postales, des guides touristiques et même des tableaux mettent en images de l’espace en abolissant le temps ou, plutôt, en le figeant dans un instant d’éternelle contemplation. Ce phénomène est à ce point ancré dans nos habitudes que la juxtaposition des images d’un même paysage à quatre saisons différentes nous paraît toujours étonnante, ou que le film en accéléré d’un même paysage au cours d’une journée nous semble saugrenu, voire comique. Or ces deux opérations ne font pourtant que nous rapprocher du rapport que nous entretenons habituellement avec notre environnement visuel. Ce dernier est en effet animé en permanence de cycles temporels, de fugacités, de glissements. L’analyse des temporalités paysagères et de nos travellings visiomoteurs devient dès lors un champ scientifique à part entière. Aujourd’hui, les banques d’images offrent des possibilités nouvelles pour tenter de simuler ces processus spatio-temporels et de préciser ainsi la dynamique de notre vécu paysager. Quelques exemples tirés de travaux exploratoires récents permettront d’en présenter les potentialités comme les difficultés.