Le forestier et le temps
2014
Bernard Rollet

Extrait de : "Le Temps du paysage (édition électronique)"
Sous la direction de Didier Bouillon
129e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Besançon, 2004
Textes de Jean-Pierre Deffontaines, Madeleine Griselin, Claire Marchand, Sébastien Nageleisen, Serge Ormaux, Bernard Rollet, Antonella Tufano-Vionnet, Philippe Valette, Jean-Claude Wieber
2014
p. 59-70
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Imiter la nature, hâter son œuvre, tel était le message clair et concis qu’adressait Parade dans les années 1830 aux élèves de l’École forestière de Nancy nouvellement créée. Depuis qu’ils existent officiellement (1328), les forestiers ont toujours travaillé avec le temps, on pourrait même dire que le temps travaille pour eux et que les arbres poussent tout seuls. Cependant, une forêt livrée à elle-même, si l’on n’y prend pas de bois, atteint lentement un équilibre en espèces et en biomasse : la production se réduit à une litière inutilisable. Grâce à des interventions de sylviculture et d’aménagement, le forestier sait stimuler cette production : tout son art consiste à l’optimiser et à satisfaire les besoins, souvent à concilier l’inconciliable. Mais le temps peut travailler contre le forestier : incendies, attaques parasitaires et tempêtes ponctuent la vie des peuplements. Ainsi, les objectifs sans cesse mouvants du forestier doivent composer avec le temps, ce temps ordinaire et du sens commun, bien éloigné des subtilités du psychologue ou de l’astrophysicien.