La reconstruction des villages alsaciens après la Seconde Guerre mondiale (1940-1958) : principes et réalisations entre la France et l’Allemagne
2014
Marie-Noële Denis

Extrait de : "Paysages, patrimoine et identité (édition électronique)"
Sous la direction de Didier Bouillon
135e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Neuchâtel, 2010
Textes de Louis Bergès, Eva Bigando, Bernadette Blanchon, Mathieu Bonnefond, Laure-Agnès Bourdial, Serge Briffaud, Aline Brochot, Eliseu Carbonell, Juliette Carré, Laine Chanteloup, Joël Chatain, Bernard Davasse, Marie-Noële Denis, Gemma Domènech Casadevall, Vanessa Fernandez, Federico Ferretti, Christophe Gauchon, Alain Génin, Alexis Gonin, Monique Gros, Brice Gruet, Mohamed Hamdi, Jean-Pierre Husson, Véronique Laporte, Sandrine Lavaud, Nicolas Lefort, Guy Lempérière, Colette Merlin, Brigitte Naviner, Justine Pasquier, Pierre-Yves Péchoux, Yves Petit-Berghem, Cyril Polycarpe, Chloé Rosati-Marzetti, Sylvie Servain-Courant, Luís Silva, Thierry Simon, Nina Soulimant, Meritxell Sucarrat Viola, Clémentine Thierry, Bart Tritsmans, Céline Tritz, Jean-René Trochet, Antoine Veyriras
2014
p. 395-407
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
Édition électronique, texte vendu en PDF
commander le PDF [prix : 3,00 €]
L’Alsace, zone de frontières, de passage et de conflits armés, a été depuis des siècles soumise à des destructions massives suivies de périodes de reconstruction qui ont profondément modifié ses paysages. Après la Seconde Guerre mondiale, les travaux nécessaires, tant pendant la période d’occupation allemande (1940-1944) qu’après le retour de l’Alsace à la France, envisagés selon des principes et des modalités différents, ont généré des réalisations ambiguës qui ont joué sur un compromis entre le respect de l’univers régional traditionnel et la modernité. Lors de la première reconstruction allemande (1940-1942), les tenants de « l’ordre nouveau » n’ont pas eu le temps de mettre en œuvre leurs principes autoritaires de planification de l’espace pour une réorganisation fondamentale de la population rurale. Mais ils furent suivis, après la guerre, par des architectes alsaciens formés à l’école de Stuttgart, qui développèrent le principe de la place de parade et d’un modèle uniforme de maisons dites « Schmitthenner ». La reconstruction d’inspiration française, plus pragmatique et dirigée par un architecte formé à Paris, sans ignorer les aménagements nécessaires de l’espace cultivé et bâti, tiendra mieux compte des traditions et de la diversité locale tout en évitant le retour à un régionalisme outrancier.