Nommer la ville : l’exemple de la Sicile (Xe-XVIIIe siècle)
2015
Henri Bresc

Extrait de : "Compositions urbaines au Moyen Âge (édition électronique)"
Sous la direction de Patrick Corbet
137e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Tours, 2012
Textes de Dominique Adrian, Julien Avinain, Claude Bouhier, Henri Bresc, Judith Förstel, Hubert François, Dominique Laurent, Yvonne-Hélène Le Maresquier-Kesteloot, Bruno Sintic
2015
p. 5-20
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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La fondation d’une ville nouvelle s’accompagne le plus souvent de l’élaboration d’un nom destiné à lui donner visibilité, identification et aussi cohérence, en forgeant une identité à laquelle les immigrants pourront adhérer. La Sicile, des musulmans à l’Empire espagnol, a été une terre d’expériences : plusieurs vagues de fondations et de dénominations se suivent et s’emboîtent. La première suit la conquête islamique et porte la marque du jihâd. La seconde accompagne la monarchie normande jusqu’à l’apogée frédéricien du XIIIe siècle : c’est le moment où l’expérimentation fait de la Sicile un modèle européen et les noms romains qui exaltent le pouvoir impérial accompagnent une planification urbaine renouvelée de l’antique. Un regain tardif et puissant multiplie enfin, sous l’impulsion de l’aristocratie latifondiaire, les nouveaux bourgs ruraux du XVe au XVIIIe siècle. La comparaison de la toponymie de la Sicile avec l’onomastique des fondations contemporaines de l’Île-de-France, de la Gascogne et du Mexique met en lumière les permanences des thèmes et les spécificités des choix.