Le comté de Nice : enjeu et théâtre de cinq siècles de guerres pour devenir français (1388-1860)
2015
Michel Bourrier et Colette Bourrier-Reynaud

Extrait de : "Fortifications et frontières entre guerre et paix (édition électronique)"
Sous la direction de François Bart
136e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Perpignan, 2011
Textes de Michel Bourrier, Colette Bourrier-Reynaud, Jean-Claude Roux, Clémentine Thierry
2015
p. 21-33
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Selon Clausewitz, la guerre est la continuation de la politique par un autre moyen. La réciproque est vraie. Il en est ainsi du rattachement du comté de Nice à la France. De la dédition de 1388 à la Savoie puis au Piémont-Sardaigne jusqu’à Louis XV, la région, détachée de la Provence, n’avait cessé d’être considérée par les rois de France comme partie de leur héritage. Elle fut ainsi, pendant des siècles, le lieu d’invasions et de guerres rituellement terminées par le retour à la Casa Savoia. La Révolution et Napoléon ne la considéraient pas comme monnaie d’échange et n’avaient pas le dessein de la rendre. Lui laissant en héritage l’idée de liberté, ils en furent dépossédés par les traités de 1814. À travers les maladresses de la Restauration sarde, des révolutions de 1848 et l’éveil des nationalités face à l’indifférence du gouvernement piémontais, grâce à Napoléon III, à Cavour et au parti français, Nice devint, sans subir à nouveau la guerre, membre de la grande nation et la cinquième ville de France.