Quartiers spécialisés et composition urbaine dans les villes grecques
2015
Giorgios Sanidas

Extrait de : "Composition(s) urbaine(s) (édition électronique)"
Sous la direction de Jean-Louis Tissier
137e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Tours, 2012
Textes de Germaine Aujac, Colette Jourdain-Annequin, Giorgios Sanidas, Jean-Pierre Laporte
Paris, Éditions du CTHS
2015
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Au sein de l’archéologie gréco-romaine, l’idée de l’organisation de la production artisanale par « quartiers spécialisés » ou même par « zones » est largement dominante. D’après cette approche, les activités artisanales auraient été regroupées dans des espaces spécifiques urbains, périurbains ou même extra-urbains, mais toujours dans les marges de l’espace civique. Au sein de ces approches d’origine fonctionnaliste, le Céramique d’Athènes, le Kerameikos, compris d’après une étymologie du toponyme et une certaine vision des vestiges archéologiques, serait donc le modèle du « quartier des potiers » et du « quartier d’artisans » en général.
Des recherches et des approches récentes sur ce sujet incitent à réexaminer ces idées reçues. D’une part, le Céramique d’Athènes est un espace particulièrement complexe et, malgré tout, très peu marginal, qui ne peut pas être abordé comme un « quartier » ; d’autre part, les concentrations spatiales des activités artisanales, lorsqu’elles existent, ne semblent pas répondre à une action planificatrice de la communauté civique. Les réalités concrètes, telles que l’archéologie actuelle peut les mettre en exergue, montrent des situations spatiales et économiques plus complexes : leur approche à travers le concept de « quartier » s’avère insuffisante. Dès lors, les questions soulevées incitent à une approche plus large de la ville antique et de ses fonctionnements socioéconomiques.