1799, un nouveau Jacobinisme ? (épuisé)
La démocratie représentative, une alternative à brumaire. - 2001
Bernard Gainot;
Jean-Clément Martin, préf.
ISBN : 2-7355-0466-2
542 p., 16 x 24 cm, br.
Collection : Mémoires et documents d'histoire de la Révolution française
N° dans la collection : 55
Code Sodis : F304146
En 1799, la République Constitutionnelle connaît une crise profonde, marquée par l’effondrement des "républiques-sœurs" et l’échec du contrôle par le Directoire des élections du printemps. De cette crise du régime directorial, l’historiographie n’a retenu que l’issue : le coup d’État du 18 brumaire et l’avènement du régime personnel de Bonaparte, prélude à l’Empire. Or, au fil de ce dernier été de la décennie révolutionnaire, il y eu une tentative de "régénération" des institutions républicaines, qui constitue le cœur de l’ouvrage de Bernard Gainot.
Loin d'être un épiphénomène limité aux sphères dirigeantes parisiennes, cette "résistance républicaine" fut le résultat d'une mobilisation nationale de grande ampleur, présentée tantôt comme un sursaut patriotique, tantôt comme une résurgence nostalgique du jacobinisme de 1793. Or, ce "jacobinisme" de 1799, égalitaire et libéral, chercha avant tout à sauver la République en se dégageant de l'expérience, encore proche, de la Terreur de 1793-1794. Outre un retour aux sources du mouvement démocratique, il y eut recomposition politique autour d'un programme de "démocratie représentative" : souveraineté des assemblées primaires, liberté de la presse, droit d'association, confédération démocratique européenne, institutions fédératives.
Malgré l'échec final, sanctionné par la mise en place d'un pouvoir personnel fort, cette ultime tentative démocratique de la Révolution française constitue le chaînon manquant entre le legs révolutionnaire et le renouveau du mouvement républicain démocrate dans les années 1830.
Table des matières :
Préface - p. 7 Introduction - p. 11 Le néo-jacobinisme existe-t'il ? - p.11 Une séquence chronologique courte - p. 16 Un néo-jacobinisme à diverses échelles - p. 21 Chapitre I - Les élections de 1799 - p. 27 La déstabilisation... (lire la suite...)
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Comptes rendus parus dans la presse :
Revue d’Histoire moderne et contemporaine
20/01/2003 - Annie Jourdan, n°49-4 (2002), pp.185-188
Comptes rendus
Extraits :
(...) Dans un livre issu d'une thèse de doctorat, Bernard Gainot vient mettre définitivement fin au mythe bonapartiste. Non seulement il ressuscite uen période du Directoire, trop peu connue, dont la vie politique fut poutant intense, mais il reconstitue encore les réseaux néo-jacobins qui en ont été en partie responsables, et les péripéties plus générales vécues durant l'an VII par la République française. Il prouve enfin que la crise (nationale et non parisienne) qui mène au renversement du Directoire en prairial de la même année, et qui s'aggrave avec les défaites successives de l'été, aurait pu être résolue différemment. Parmi les solutions pour remédier aux problèmes, il y avait celle de la démocratie représentative, défendue par les néo-jacobins ou celle de la république ologarchique ou ploutocratique, prônée par les modérés ou les libéraux.
(...) Ces quelques réserves exprimées, l'ouvrage ressuscite à merveille la France directoriale, sa culture politique dynamique et ses jacobins nouveaux en quête d'une théorie qui rallie au lieu de diviser ; malgré leurs paradoxes, ils se dirigent peu à peu vers la voie qui mène au compromis, indispensable au bon fonctionnement de la République.
(...) Gainot a raison. Il n'y a pas de derniers Jacobins. Ils n'ont cessé d'être , car indissociablement liés à la période passionnante qui recouvre la fin du XVIIIe et tout le XIXe siècle... les néo-jacobins sont à l'origine de ce qui parut un temps inconcevable : la république démocratique.