La Correspondance Mérimée-Viollet le Duc
2002
Prosper MÉRIMÉE, VIOLLET-LE-DUC et Françoise BERCÉ (dir. et préf.)
ISBN : 2-7355-0468-9
301 p. | 12 x 18,5 cm | br.
Collection : CTHS Format
N° dans la collection : 42
Code Sodis : F30416.2
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Mérimée et Viollet-le-Duc résument dans l'imaginaire national l'épopée des antiquités nationales sauvées au XIXe siècle. Leur participation plus ou moins étroite au régime de Napoléon III leur a valu un ostracisme posthume, puis Viollet-le-duc, l'auteur de restaurations téméraires, a été opposé à Mérimée, le perspicace et mesuré inspecteur général des Monuments historiques. Il a fallu attendre la redécouverte de l'architecture du XIXe siècle pour que l'architecte obtienne une absolution sous conditions.
Leur correspondance permet de vérifier leur proximité et la confiance que chacun éprouvait pour l'autre, du début de la carrière de l'architecte jusqu'aux derniers mois de l'écrivain, au lendemain de la défaite de 1870. Comme entre de vieux amis, les échanges renvoient à des discussions passées et présentes, aux certitudes communes, aux expériences partagées : nous sommes en coulisses, le ton est allusif, peu de dossiers sont exposés, si ce n'est fugitivement ceux de Saint-Denis et de Vézelay, les affaires étant traitées en Commission. C'est sur le manuscrit des Entretiens que se manifestent l'intelligence et la passion de Mérimée pour les sociétés antiques. Le ton se fait souvent mordant à l'égard du pouvoir temporel du pape et du renouveau catholique. Malgré le ralliement à l'Empire que l'on doit imputer à des liens noués anciennement avec madame de Montijo, sa position est déjà celle de la laïcité : les cathédrales et les églises ne sont pas précieuses parce qu'affectées au culte, mais parce que ce sont des monuments d'art et d'histoire.
Les échanges épistolaires se font plus fréquents à partir de 1860, lorsque Mérimée malade, doit passer l'hiver à Cannes. Les péripéties de la réforme de l'enseignement de l'architecture, les élections à l'Académie, les fêtes de la Cour, la commande de Pierrefonds, l'échec du concours de l'Opéra, sont autant d'affaires du moment. De nombreuses notations assassines commentent le passage de l'empire autoritaire à l'empire libéral et la politique étrangère. L'empereur, surnommé Isidore, César ou papa en fait souvent les frais.
L'éloignement, les agacements à l'égard de positions trop systématiques n'entament pas la confiance paternelle de Mérimée pour l'architecte, "vous êtes d'acier et de diamant", lui avait-il écrit...

Table des matières :
Introduction - p. 7

Lettres de Mérimée à Viollet-le-Duc - p. 27

Appendices - p. 217

Bibliographie - p. 291

Éléments pour une chronologie - p. 295