La haine du Midi
l’antiméridionalisme dans la France de la Belle Époque - 2005
Patrick Cabanel et Maryline Vallez

Extrait de : "Les suds. Construction et déconstruction d'un espace national (édition électronique)"
sous la direction de Claudine Vassas, préface de Jean-Pierre Albert ; 126e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Toulouse, 2001

Odile Gannier, Pierre F. Burollet, Bernard Bousquet et Pierre-Yves Péchoux, Paul Gonnet, Alain Coutelle, Patrick Cabanel et Maryline Vallez, Michèle Toucas-Bouteau, Hervé Terral, Anne Zink, Christophe Ruhles, Bruno Berthier, Frédéric Duhart, Isabelle Téchoueyres, Anne Burollet, Faustine Régnier-Bohler
Paris, Éditions du CTHS
2005
p. 87-97
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Au-delà des stéréotypes plus ou moins amusés sur le Midi et les Méridionaux, l’antiméridionalisme appartient incontestablement à ces haines modernes qu’a forgées et développées le nationalisme français à la fin du XIXe siècle, aux côtés de l’antisémitisme, de la xénophobie ou de l’antimaçonnisme. Le Méridional, le Juif et le franc-maçon, voire le protestant, entretiennent du reste des liens étroits aux yeux de leurs adversaires. Ces derniers se recrutent soit parmi les disciples de Drumont (Gaston Méry), soit parmi les ténors du national-catholicisme (Jules Lemaître, Léon Daudet, Maurice Barrès, Charles Maurras), et développent une véritable campagne au moment où Émile Combes et Jean Jaurès, deux méridionaux, mènent à son point d’accomplissement la politique anticléricale. L’antiméridionalisme a été un moment aujourd’hui oublié, mais important, de la transformation et du trouble des identités dans la France de la Troisième République.