Vins du Roussillon en quête d'image
2008
Raoul Normand

Extrait de : "La vigne en Méditerranée occidentale (édition électronique)"
sous la direction d'Antoine Casanova ; 128e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bastia, 2003

Gilbert Buti, Antoine Casanova, Catherine Chadefaud, Philippe Moustier, Raoul Normand, Alain Pernet, Éric Rouvellac, Jean-Christian Tulet et Hélène Velasco-Grassiet
Paris, Éditions du CTHS
2008
p. 63-72
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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La tardive prise de conscience de la nécessité de développer leur communication sur les vins de qualité en mal de notoriété conduit les vignerons coopérateurs, au plan local, à rénover leurs caveaux, ouverts à la dégustation et à la contemplation d'œuvres d'artistes appelées à servir les vins, et au plan départemental, à s'entendre pour créer une nouvelle structure, le CIVR, Conseil interprofessionnel des vins du Roussillon, née en 2001. Le succès des actions de communication conduites est lié à une implication convaincue et permanente des vignerons. Mais leur implication suppose que la cave ait su les persuader que sa stratégie de pilotage du vignoble par la conversion des cépages et la culture raisonnée confortera leurs revenus en préservant l'avenir.
Si les opérations de communication renforcent la cohésion de la communauté vigneronne, la crise de mévente qui affecte les vins doux naturels d'appellation Rivesaltes et les vins de table, quand elle dure, l'affaiblit, de par les tensions qu'elle suscite en renforçant les inégalités entre vignerons coopérateurs. Crise d'autant plus mal vécue que la solution esquissée manque de crédibilité.
Non, la mutation viticole n'est pas encore achevée, comme pouvaient l'espérer bien des vignerons engagés depuis longtemps dans la conversion des encépagements comme des pratiques viticoles vouées à la qualité. Oui, la bataille de la communication, un vrai pari sur l'avenir, semble enfin engagée. Le gain en notoriété des vins roussillonnais élevés par les caves coopératives reste à confirmer pour les hauts de gamme, et surtout pour les moyens et premiers de gamme. Le CIVR sait qu'il lui faut conduire des campagnes de communication fondées sur les terroirs et qui marquent bien les différences entre les vins.