Une expérience originale de création d'un vignoble commercial dans le Sud-Est français à l'époque moderne
2008
Alain Pernet

Extrait de : "La vigne en Méditerranée occidentale (édition électronique)"
sous la direction d'Antoine Casanova ; 128e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bastia, 2003

Gilbert Buti, Antoine Casanova, Catherine Chadefaud, Philippe Moustier, Raoul Normand, Alain Pernet, Éric Rouvellac, Jean-Christian Tulet et Hélène Velasco-Grassiet
Paris, Éditions du CTHS
2008
p. 73-88
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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À la charnière des XVIIe et XVIIIe siècles, alors que les grandes régions viticoles françaises prennent une orientation nouvelle en matière de vinification, des sources privées inédites montrent un aristocrate tenter une opération originale de création d'un vignoble commercial. Le nouveau vigneron, peu compétent en matière de connaissances élémentaires à la conduite de la vigne, est contraint à tâtonner. Par contre, il maîtrise les ressorts des mécanismes fiscaux complexes de l'époque et il est bien informé des contraintes qui pèsent sur les transports. Surtout, il utilise sa fonction administrative éminente dans le port de Marseille pour introduire et tenter d'acclimater des cépages étrangers à la Provence dont il espère tirer un grand vin.
De son vivant, l'intendant n'obtiendra que peu de satisfactions. Trop optimiste, il a mal mesuré les difficultés auxquelles doit faire face un producteur et marchand de vin néophyte. Sa prise de risques ne sera pas inutile ; ses successeurs sur le domaine poursuivront son expérience. Au cours du XIXe siècle, les rapports préfectoraux signaleront avec constance la qualité et l'originalité des vins de la propriété.