Le travailleur chrétien dans la seconde moitié du XVIIe siècle
2008
Philippe Martin

Extrait de : "Le travail comme catégorie culturelle (édition électronique)"
sous la direction de Jean-René Trochet ; 127e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Nancy, 2002

Philippe Martin, Philippe Masson, Christine Naslin-Gaudin, Hervé Le Bret, Noël Barbe, Odile Join-Lambert, Marie-Armelle Barbier-Le Déroff, Cécile Blondeau, Valeria Siniscalchi, Paul van der Grijp, Michel Pigenet, Sébastien Paul, Bruno Étienne
Paris, Éditions du CTHS
2008
p. 9-18
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le XVIIe siècle apparaît souvent comme le siècle de dévots soucieux de rompre avec un monde considéré comme corrompu. Si cette dimension a tenu une place très importante dans la spiritualité française, elle ne doit pas faire négliger l'émergence et l'affirmation de la théologie des devoirs d'états que François de Sales a parfaitement présentée et défendue. Après lui, de nombreux auteurs de livres de piété fournirent aux catholiques conseils et avertissements pour faire leur salut tout en exerçant une profession. Ils expliquèrent très clairement comment choisir un métier et comment y devenir un « travailleur chrétien ». Un des ouvrages les plus importants fut l'Examen général de tous les états et conditions et des péchés que l'on y commet de Saint-Germain, texte publié en 1670 puis plusieurs fois réédité. L'auteur y passa en revue des dizaines de métiers, de l'aubergiste au paysan en passant par le serrurier ou le notaire. D'autres l'imitèrent. Cette importante production pieuse montre que les clercs du XVIIe siècle prirent en compte toutes les réalités du travail ; ils dessinèrent le portrait d'un travailleur zélé, dévot et bon citoyen, respectueux des règles de l'Église et des lois.