Entre facilités institutionnelles et réalités des déplacements diplomatiques : les voyages des ambassadeurs étrangers vers et dans l'Empire byzantin (VIIe-XIIe siècle)
2008
Nicolas DROCOURT

Extrait de : "Les voyageurs au Moyen Âge (édition électronique)"
sous la direction de Henri Bresc et Denis Menjot ; 130e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005

Nicolas DROCOURT, Eva PIBIRI, Olivier TROUBAT, Sébastien NADOT, Sébastien GARNIER, Dominique LAURENT, Bruno SINTIC, Gilles BERTRAND, Yann DEJUGNAT, Michèle TOUCAS-BOUTEAU, Christiane DELUZ, Christine BOUSQUET-LABOUERIE

2008
p. 13-24
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Parmi l'ensemble des voyageurs du monde médiéval, les ambassadeurs occupent une place singulière du fait des fonctions qu'ils remplissent et qui font d'eux des voyageurs « professionnels », comme le souligne, quelquefois, l'historiographie. C'est essentiellement sur cette place au sein des itinérants de l'époque médiévale que nous porterons notre attention, en nous tournant plus particulièrement sur les émissaires étrangers envoyés vers et dans l'Empire byzantin du VIIIe au XIIe siècle. Jusqu'à quel point connaissent-ils, du fait de leur statut, une spécificité de leur déplacement vers Constantinople dont ne bénéficient pas d'autres types de voyageurs (soldats, pèlerins, marchands...) dans l'espace ici concerné - celui centré sur la Méditerranée, entendue au sens large ? Il est vrai qu'ils jouissent de dispositions institutionnelles dont témoignent aussi bien des sources normatives (capitulaires carolingiens, chrysobulles byzantins..) que narratives (chroniques latines ou grecques). Ces dernières sources, de même que les éléments tirés de la correspondance officielle entre souverains, témoignent qu'ils subissent pourtant, comme d'autres, les aléas des déplacements maritimes mais aussi terrestres. Bien plus, c'est la dimension proprement politique de leur cheminement vers Constantinople qui leur porte plus d'une fois préjudice : la traversée d'un État tiers n'est jamais acquise d'avance et les autorités byzantines sont quelquefois les plus promptes à imposer des contraintes à ces délégations. Autant de contradictions au regard des facilités de déplacement dont ils doivent théoriquement jouir qui méritent étude.