Voyager pour le prince : ambassadeurs pour la Méditerranée et l'Orient à la fin du Moyen Âge
2008
Olivier Troubat

Extrait de : "Les voyageurs au Moyen Âge (édition électronique)"
sous la direction de Henri Bresc et Denis Menjot ; 130e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005

Nicolas DROCOURT, Eva PIBIRI, Olivier TROUBAT, Sébastien NADOT, Sébastien GARNIER, Dominique LAURENT, Bruno SINTIC, Gilles BERTRAND, Yann DEJUGNAT, Michèle TOUCAS-BOUTEAU, Christiane DELUZ, Christine BOUSQUET-LABOUERIE

2008
p. 38-49
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Jean de Châteaumorand et l'Ermite de la Faye sont des chevaliers guerriers autant qu'ambassadeurs. Porteurs de l'idéal chevaleresque de leur prince, ils passent tous deux facilement de l'épée à la courtoise diplomatie. Ils défendent les intérêts du duc de Bourbon, en même temps que ceux du royaume. Et leurs ambassades, d'abord menées aux frais de leur prince, sont à chaque fois des ouvertures utilisées avec profit par la France.
Ils vont ouvrir la Méditerranée et l'Orient à la France. De la croisade du duc de Bourbon avec les Génois en 1390, jusqu'à sa mort en 1410, les Français vont voir très rapidement s'ouvrir d'immenses perspectives sur les rives de la mer, faisant passer une armée en Afrique du nord, se voyant ouvrir Gênes et ses nombreux comptoirs, reprenant pied à Chypre et en Morée, aux pays des Lusignan et des Villehardouin, devenant interlocuteurs du sultan et de l'empereur de Constantinople, dont ils sauvent l'empire, et parlant d'alliance avec Tamerlan, qui voit le roi de France comme le roi de l'Occident. La guerre civile en France va couper court à ce mouvement enthousiaste, voulu par Louis II de Bourbon, dont les deux chevaliers furent les plus ardents artisans.