La culture des marchands voyageurs français de la seconde moitié du XVIIIe siècle sur les routes de France et d'Europe
2008
Gilles BERTRAND

Extrait de : "Les voyageurs au Moyen Âge (édition électronique)"
sous la direction de Henri Bresc et Denis Menjot ; 130e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005

Nicolas DROCOURT, Eva PIBIRI, Olivier TROUBAT, Sébastien NADOT, Sébastien GARNIER, Dominique LAURENT, Bruno SINTIC, Gilles BERTRAND, Yann DEJUGNAT, Michèle TOUCAS-BOUTEAU, Christiane DELUZ, Christine BOUSQUET-LABOUERIE

2008
p. 91-107
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Parfois maltraités dans les essais sur le voyage, et en dépit de la variété de leurs objectifs autant que de leur condition matérielle, de leur éducation et de leurs goûts, les marchands ne sauraient être traités de façon anodine. En nous appuyant sur des sources assez étoffées en matière d'écriture du voyage, issues de marchands lyonnais, dauphinois et accessoirement provençaux (journaux manuscrits, correspondance familiale, carnets de frais de voyage), et en considérant surtout des hommes qui circulèrent pour les affaires d'une entreprise même si parfois s'ajouta une composante de divertissement, nous tentons de cerner les caractéristiques d'une certaine manière de sillonner l'Europe propre aux marchands dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Nous nous demandons si l'habitude de justifier ses dépenses leur fut spécifique. Nous tentons de déterminer s'il y eut un rythme de voyage marchand ancré sur des lieux privilégiés (places commerciales, foires) et défini par sa régularité plus que par sa dimension exceptionnelle. Nous examinons enfin les activités accomplies au cours du déplacement, en particulier celles qui ne relèvent pas strictement de la négociation et du commerce, bien qu'elles aient souvent rapport avec eux (repas d'affaires, spectacles, problèmes de santé inhérents à la condition du voyageur de longue durée, visites de type culturel...).
Si les cas envisagés (Borel, Carret, Carny...) ne permettent pas de tirer des conclusions générales, ils nous aident néanmoins à mieux situer l'originalité du voyage des marchands par rapport aux attentes et modalités de la forme de voyage alors la plus en vogue malgré ses contours instables, celle du Grand Tour.