Le Sceau des pays d'Orient
expérience et symbolique du voyage des lettrés andalous en Syrie (bilad al-sam) (XIe-XIIIe siècles) - 2008
Yann DEJUGNAT

Extrait de : "Les voyageurs au Moyen Âge (édition électronique)"
sous la direction de Henri Bresc et Denis Menjot ; 130e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005

Nicolas DROCOURT, Eva PIBIRI, Olivier TROUBAT, Sébastien NADOT, Sébastien GARNIER, Dominique LAURENT, Bruno SINTIC, Gilles BERTRAND, Yann DEJUGNAT, Michèle TOUCAS-BOUTEAU, Christiane DELUZ, Christine BOUSQUET-LABOUERIE

2008
p. 110-123
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Sur le plan quantitatif, les voyages des Andalous en Syrie occupaient une place modeste. En revanche, sur le plan symbolique, ils revêtaient une importance majeure. À un premier niveau, les récits de voyage (rihla) nous permettent de reconstituer l'expérience personnelle du voyageur. Si ces récits doivent payer un lourd tribut à l'adab, ils laissent dévoiler, dans le détail, une originalité andalouse dans le regard porté sur la Syrie. Cette originalité s'enracine dans la reprise des grands thèmes de l'idéologie omeyyade du califat de Cordoue. À un second niveau, le voyage recèle un enjeu encore plus profond : la quête mystique dont l'archétype est l'Ascension nocturne (mi'rag) du Prophète. Le récit de voyage se double alors d'un récit de quête : celle du centre du monde et du Paradis.
En définitive, la conscience de plus en plus vive chez les Andalous d'appartenir à un peuple voué à l'exil a fait surgir, en compensation, l'aspiration à un terroir d'origine, espace transfiguré appartenant à un temps messianique, le « Sceau des pays d'Orient ».