Le stade de Delphes « vu » par Pausanias et sa postérité
2009
Céline GUILMET

Extrait de : "L'Antiquité vue par les voyageurs (édition électronique)"
Sous la direction de François BARATTE ; 130e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005

Claire BARAT, Cécile DESLANDES, Bernard DOUMERC, Jean-Pierre GRELOIS, Céline GUILMET, Lucile HAGUET, Jean LACROIX, Pascale LINANT DE BELLEFONDS, Gwendoline PLISSON, Virginia SALAMANQUES PEREZ, Esther SANCHEZ-MEDINA, Zinovia VERGHIS
Paris, Éditions du CTHS
2009
p. 52-67
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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La description de Delphes, au livre X de la Périégèse de Pausanias, s'achève sur une « grossière erreur » : le stade de Delphes, bâti grâce au richissime donateur Hérode Atticus dans la seconde moitié du IIe siècle après J.-C. aurait été édifié en marbre. Or, les fouilles archéologiques menées sur ce site depuis 1896 n'ont jamais retrouvé le moindre fragment de marbre sur les gradins du stade.
Entre temps, une foule de voyageurs européens se sont succédés sur les lieux, témoignant tantôt de la présence de gradins de marbre, tantôt de leur disparition.
Plusieurs éléments nous permettent d'assurer que Pausanias n'a pas vu le stade dont il parle et qu'il a entraîné dans le sillage de son erreur bon nombre de voyageurs qui ont préféré faire confiance à l'autopsie entendue du visiteur antique, plutôt que d'aller vérifier l'information.
L'histoire des testimonia du stade de Delphes nous permet de prendre la mesure de la question de l'autopsie chez Pausanias, des préoccupations du voyageur, plus intéressé par la personnalité du donateur que par l'architecture du stade, mais également de l'autorité d'un texte de voyage, principal filtre à travers lequel les voyageurs modernes ont « vu » la Grèce.