La légende de l'origine égyptienne des mythes grecs
le témoignage des cartes géographiques du XVIe au XVIIIe siècle - 2009
Lucile HAGUET

Extrait de : "L'Antiquité vue par les voyageurs (édition électronique)"
Sous la direction de François BARATTE ; 130e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005

Claire BARAT, Cécile DESLANDES, Bernard DOUMERC, Jean-Pierre GRELOIS, Céline GUILMET, Lucile HAGUET, Jean LACROIX, Pascale LINANT DE BELLEFONDS, Gwendoline PLISSON, Virginia SALAMANQUES PEREZ, Esther SANCHEZ-MEDINA, Zinovia VERGHIS
Paris, Éditions du CTHS
2009
p. 68-77
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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D'origine grecque, la légende d'une filiation entre la Grèce et l'Égypte se trouve largement transposée dans les cartes géographiques du XVIe au XVIIIe siècle. La présence d'une pareille thématique en cartographie ne doit pas surprendre puisque la plupart des cartes ont avant tout un intérêt historique ou merveilleux. La présence d'éléments grecs dans la carte conduit à se demander s'ils signifient une orientalisation de la Grèce ou au contraire une hellénisation de l'Égypte. Tout semble sujet à détournement pour créer un lien entre univers culturel européen et l'Egypte. Ainsi, les géographes cherchent à tout prix à trouver une ville égyptienne antérieure à Alexandrie pour démontrer cette filiation. L'homonymie aidant, le labyrinthe d'Égypte peut devenir le prestigieux ancêtre du mythique édifice dédaléen. Par déformation phonétique, le Birket el Keroun, l'ancien lac de Moeris, se mue en lac Caron, par référence au Charon des Enfers. La carte devient le support de la mythologie grecque plutôt que de l'Égypte. La filiation s'avère être un hommage ambigu, entre marque de respect pour l'antiquité de la civilisation pharaonique et appropriation d'une culture.