Entre ici-bas et au-delà. L’intégration du profane dans l’iconographie religieuse sur le vitrail (vers 1413-1418) de Guillaume de Cantiers, à la cathédrale d’Évreux (Eure)
2010
Jean-Pierre Suau

Extrait de : "Imaginer et représenter l'au-delà (édition électronique)"
Sous la direction de Pierre-Yves LE POGAM ; 132e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Arles 2007

Tomaso Di FRAIA, Bernard ARQUIER, Nadine GUILHOU, Martin GALINIER, Claude CAROZZI, Pierre-Yves LE POGAM, Marlène DELSOUILLER, Jean-Pierre SUAU, Yannick FRIZET, Bernard COUSIN
Paris; Éditions du CTHS
2010
p. 118-144
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Dans une verrière haute de la nef, à quatre lancettes, les deux premières sont occupées par une représentation de l’évêque donateur, Guillaume de Cantiers (1400-1418), faite « en l’honneur de son joyeux avènement ». Il est agenouillé aux pieds de la Vierge à l’Enfant, patronne de la cathédrale d’Évreux, et présenté par Sainte Catherine porteuse, en plus de ses attributs traditionnels (palme, couronne et roue du supplice) de ceux de son protégé : la mitre et la crosse. D’autres familiarités iconographiques, encore plus osées, apparaissent aussi dans les deux lancettes voisines où un laïc, sans doute un membre de la famille de La Ferté-Fresnel (Jean ?), est venu se faufiler entre l’archange Gabriel et la Vierge dans la scène majeure de l’Annonciation. Dans ces années 1410, cette verrière - qui a fonction de mémoire et qui, dans la nef de la cathédrale, était placée à la vue de tous les fidèles - montre parfaitement la transformation d’images religieuses figées et leur appropriation par le donateur. L’introduction du profane dans le sacré aboutissant ici à de sérieuses transgressions iconographiques que l’on s’efforcera de retrouver sur d’autres œuvres contemporaines.