Le voyage himalayen des alpinistes français et la rencontre de l’Autre (années 1930-1960)
2011
Michel Raspaud

Extrait de : "Perception de l'altérité culturelle et religieuse (édition électronique)"
Sous la direction de Liliane Kuczynski et Claudine Vassas ; 130e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005

Françoise BAYARD, Karine SALOME, Gérard BODE, Michel RASPAUD, Özkan BARDAKCI, Jean-Pierre FARGANEL, Xavier CORDE, Caroline LEHNI, Marie-Pierre DAUSSE, Corinne MARACHE, Emmanuel FILHOL, John Patrick GREENE, Eric ROULET, Liliane KUCZYNSKI, Jacques de CAUNA
Paris, Éditions du CTHS
2011
p. 45-59
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Après une première expédition en Himalaya en 1936, les alpinistes français en organisent ou participent à une douzaine d’autres durant les années 1950 et 1960. À travers les récits, le regard porté par ces voyageurs non préparés à rencontrer l’exotisme asiatique est édifiant quant aux représentations de l’Autre construites par les Occidentaux, dans des contextes culturels particuliers. Les suprématies technologiques et matérielles des alpinistes, l’orientation de leur action par rapport à un but (le sommet), induisent une vision tout en négatif des populations, exception faite des Sherpas, ethnie qui fournit les porteurs de haute altitude qui soutiennent l’expédition et accompagnent les alpinistes parfois jusqu’au sommet. Le regard occidental hiérarchise les populations à partir de l’activité alpine et de la proximité physique et sportive, qui s’étage sur la montagne suivant les lieux de vie des populations et la hauteur à laquelle les porteurs locaux s’élèvent pendant l’expédition. Tout un ensemble de qualités (caractère, physique, technique) est alors attribué à ces auxiliaires.