L’influence des clubs alpins européens sur les débuts de l’alpinisme canadien (1857-1914)
2012
Olivier Hoibian

Extrait de : "Transferts culturels de part et d'autre de l'Atlantique : Europe, Canada, Amérique (édition électronique)"
Sous la direction de Bernard Gallinato-Contino ; 133e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Québec 2008

Aurélio Ayala, Serge Bianchi, Stéphanie Danaux, Arnaud Decroix, Jean-François de Raymond, Edith Fagnoni, Nicolas Hatzfeld, Gwenaële Rot, Alain Michel, Michel Julien Olivier Hoibian, Denis Jallat, Sabine Kraus, Gwénaël Lamarque, Brigitte Nadeau, Nathalie Pelier
Paris, éditions du CTHS
2012
p. 90-99

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La conquête du Mont Blanc en 1786 donne le signal de la constitution d’une nouvelle forme de loisir cultivé à travers l’Europe qui va se traduire par la création des premiers clubs alpins européens tout au long du xixe siècle. Partageant un même intérêt pour l’ascension des sommets, les clubs européens se distinguent sur de nombreux points, notamment un degré d’engagement dans la conquête des massifs extra-européens très variable selon les nations. Les représentants britanniques de l’Alpine club jouent un rôle pionnier dans ce domaine. L’intérêt pour les sommets des montagnes rocheuses du Canada peut être interprété comme une forme de reconversion des alpinistes d’Angleterre vers un nouveau terrain de jeu qui leur permet de conserver l’essentiel du prestige symbolique accumulé lors de la conquête des principaux sommets d’Europe. Le développement de cette forme originale de tourisme par les alpinistes britanniques constitue un transfert culturel de l’Europe vers l’Amérique du Nord qui va faire l’objet d’un processus d’appropriation des élites sociales canadiennes et susciter la création du Club alpin du Canada en 1906. L’interprétation des conditions de réception de cette nouvelle pratique de loisir par les Canadiens et la filiation revendiquée avec le modèle idéalisé de l’Alpine club britannique conduit à prendre en considération les enjeux du contexte sociopolitique de l’époque, mais aussi les opérations d’ajustement liées aux spécificités culturelles de la société canadienne.