La construction d’un yachting à la française à la fin du xixe siècle ; enjeux et place des normes anglaises et des références américaines
2012
Denis Jallat

Extrait de : "Transferts culturels de part et d'autre de l'Atlantique : Europe, Canada, Amérique (édition électronique)"
Sous la direction de Bernard Gallinato-Contino ; 133e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Québec 2008

Aurélio Ayala, Serge Bianchi, Stéphanie Danaux, Arnaud Decroix, Jean-François de Raymond, Edith Fagnoni, Nicolas Hatzfeld, Gwenaële Rot, Alain Michel, Michel Julien Olivier Hoibian, Denis Jallat, Sabine Kraus, Gwénaël Lamarque, Brigitte Nadeau, Nathalie Pelier
Paris, éditions du CTHS
2012
p. 100-108

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À la fin du xixe siècle, la suprématie des Anglais dans les compétitions de voile est totale. Leurs normes s’imposent aux autres nations régatières dont la France. Pour couper court à l’hégémonie britannique, les membres d’un des clubs nautiques français les plus prestigieux, importent des États-Unis des bateaux aux formes radicalement différentes. Ils s’inspirent des techniques en vigueur Outre-Atlantique pour réaliser leurs embarcations de course. Ils créent une régate en de nombreux points identique à la Coupe de l’America où les yachtmen américains dominent les Anglais. Progressivement, et malgré des discussions souvent conflictuelles en France, le yachting anglais est remis en cause par le « transfert » de référents américains. Ces débats vont de plus permettre la constitution et la reconnaissance d’une plaisance française. Ces controverses nautiques s’inscrivent, en fait, dans le cadre plus général d’une anglophobie/américanophilie en vigueur dans une frange de la société française à la même époque. L’étude des contextes politiques, économiques et sociaux de la France au tournant des xixe et xxe siècles et ses relations avec les autres nations occidentales apparait indispensable.