L’architecture de la ville d’Aldo Rossi. Une trajectoire singulière de transferts culturels de part et d’autre de l’Atlantique
2012
Sabine Kraus

Extrait de : "Transferts culturels de part et d'autre de l'Atlantique : Europe, Canada, Amérique (édition électronique)"
Sous la direction de Bernard Gallinato-Contino ; 133e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Québec 2008

Aurélio Ayala, Serge Bianchi, Stéphanie Danaux, Arnaud Decroix, Jean-François de Raymond, Edith Fagnoni, Nicolas Hatzfeld, Gwenaële Rot, Alain Michel, Michel Julien Olivier Hoibian, Denis Jallat, Sabine Kraus, Gwénaël Lamarque, Brigitte Nadeau, Nathalie Pelier
Paris, éditions du CTHS
2012
p. 109-122

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Une trajectoire de transfert transdisciplinaire singulière, à travers la théorie et les œuvres d’Aldo Rossi (1931-1997), peintre, poète, philosophe, écrivain et architecte milanais qui professait à l’Université d'Harvard.
Aldo Rossi construit sa théorie sur l’architecture de la ville et la Ville Analogue à partir de ses lectures :
- Étienne Louis Boullée, architecte visionnaire des Lumières et l’architecture parlante [Architecture. Essai sur l’art, traduction et introduction d’Aldo Rossi, Marsilio, Padova 1967].
- Quatremère de Quincy et l'idée de Type.
- Vidal de la Blache et l'École française de géographie.
- Claude Lévi-Strauss et la pensée structuraliste.
- René Daumal et le Mont Analogue.
- Raymond Roussel et Comment j’ai écrit certains de mes livres.
La démarche inductive d’Aldo Rossi, qui part de l’observation de faits urbains singuliers pour élaborer une typologie et une morphologie générale, trouve une grande réception Outre-Atlantique. La première édition de son Autobiographie scientifique est publiée par The MIT Press.
Cette année, à Harvard, K. Michael Hays a consacré un séminaire à l’architecture expérimentale des années 1970, centré entre autres sur Aldo Rossi : une relecture de son œuvre à la lueur de travaux théoriques de Lacan, Derrida, Deleuze, Lyotard.
Concernant le « langage architectural », le modèle de l’absolu linguistique est abandonné pour relire dans les œuvres d’Aldo Rossi le désir de l’autonomie de l’Architecture exprimée dans le développement d’une typologie des relations entre l’architecture et la ville.
Cette nouvelle lecture met à jour les connexions entre la nature constructive du processus de mémoire et la pratique du dessin comme acte poétique, dessins qui participent d’un processus créatif dynamique et matériel de production de sens, dessins qui parlent de la vie des édifices et de la permanence des faits urbains constitutifs de l’histoire et de la mémoire de la ville.