Odette Pelletan-Bonnet (1893-1961), une épouse dans l’ombre de l’homme politique ?
2012
Jacques Puyaubert

Extrait de : "Les Oubliés de l'histoire (édition électronique)"
Sous la direction de Régis Bertrand et Jean Duma
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Textes de Germaine Aujac, Armelle Bonin-Kerdon, Mylène Costes, Pascal Even, Xavier Gélinas, Stéphane Gomis, Jacqueline Goy, Marie-Claire Groessens-Van Dyck, Monique Gros, Roger Hanoune, Albert Hesse, Aurore Hillairet, Olivier Justafré, Katia Khemache, Gillette Labory, Philippe Mainterot, Maurice Messiez, Catherine Ngefan, Nathalie Pelier, Monique Pelletier, Gilbert Pilleul, Jacques Puyaubert, Michel Tanase, Hervé Terral, Anne-Marie Touzard, Claudy Valin, Olivier Vernier, Régis Verwimp, Michèle Virol, Jean-Roger Wattez
Éditions du CTHS
2012
p. 81-91
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Égérie de la IIIe République dans les années 1930, Odette Pelletan (1893-1961), fille d’André Pelletan et de Thérèse Ordinaire, est quasiment oubliée, frappée du discrédit qui a affecté son conjoint, Georges Bonnet (1889-1973), assimilé à l’ultrapacifisme. Les archives privées de la famille Bonnet, en particulier son journal intime, donnent un singulier relief à cette femme engagée autour de la défense de la politique de son mari lors de ses hautes fonctions, tant en France qu’à l’étranger. Pétrie du républicanisme militant hérité de la maison Pelletan, attachée au parlementarisme, elle porte un regard sans concession sur les coulisses de la scène politicienne. Odette Bonnet nous a laissé des portraits de ses contemporains où ses dons d’observation font merveille. Avec son franc-parler, ses jugements acerbes, elle occupait une place à part parmi l’élite au pouvoir. Sa liberté de ton lui valut des déconvenues, mais elle sut seconder Georges Bonnet avec panache, jouant sur les cordes médiatiques, aussi bien à Washington, en 1937, pour une ambassade haute en couleurs, qu’au Quai d’Orsay, où elle acquiert ses galons de grande dame en 1938. Cette famille se soude davantage durant l’Occupation et l’exil en Suisse (1944-1950). Toute à la reconquête des positions perdues, sous la IVe République, Odette Bonnet est le pilier familial et partage globalement les opinions de Georges Bonnet.