Et si La Marseillaise s’appelait La Bretonne ? Les Fédérés du Finistère, des oubliés du 10 août 1792
2012
Armelle Bonin-Kerdon

Extrait de : "Les Oubliés de l'histoire (édition électronique)"
Sous la direction de Régis Bertrand et Jean Duma
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Textes de Germaine Aujac, Armelle Bonin-Kerdon, Mylène Costes, Pascal Even, Xavier Gélinas, Stéphane Gomis, Jacqueline Goy, Marie-Claire Groessens-Van Dyck, Monique Gros, Roger Hanoune, Albert Hesse, Aurore Hillairet, Olivier Justafré, Katia Khemache, Gillette Labory, Philippe Mainterot, Maurice Messiez, Catherine Ngefan, Nathalie Pelier, Monique Pelletier, Gilbert Pilleul, Jacques Puyaubert, Michel Tanase, Hervé Terral, Anne-Marie Touzard, Claudy Valin, Olivier Vernier, Régis Verwimp, Michèle Virol, Jean-Roger Wattez
Éditions du CTHS
2012
p. 105-114
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Bien que souvent éclipsés par les Fédérés marseillais à cause de l’hymne national et de leur faible nombre, les Fédérés du Finistère peuvent être considérés comme des héros méconnus de la Révolution française. Ce sont des « soldats-citoyens » à la manière des « volontaires », organisés militairement, et formant un bataillon particulièrement actif lors de la prise des Tuileries du 10 août 1792. Révolutionnaires provinciaux, ils mutualisent leurs convictions avec celles des sectionnaires parisiens, bel exemple d’union. Bien que légalistes, ils pensent que seule la déchéance du roi peut sauver la France des dangers du complot aristocratique intérieur comme extérieur, et la prise des Tuileries oblige l’Assemblée à la prononcer. Héros du 10 août, ils sont fêtés comme tels sur le moment et même cent ans après dans l’histoire républicaine ; pourtant, l’histoire les oublie, car leur action est courte dans le temps et entachée par les « massacres de septembre ». Pour redécouvrir ces Fédérés, rien ne vaut la lecture attentive de la correspondance que leur capitaine-commandant Pierre Desbouillons a entretenue avec les autorités administratives du Finistère.