La question harkie en France : entre déni historique et éruption mémorielle
2012
Katia Khemache

Extrait de : "Les Oubliés de l'histoire (édition électronique)"
Sous la direction de Régis Bertrand et Jean Duma
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Textes de Germaine Aujac, Armelle Bonin-Kerdon, Mylène Costes, Pascal Even, Xavier Gélinas, Stéphane Gomis, Jacqueline Goy, Marie-Claire Groessens-Van Dyck, Monique Gros, Roger Hanoune, Albert Hesse, Aurore Hillairet, Olivier Justafré, Katia Khemache, Gillette Labory, Philippe Mainterot, Maurice Messiez, Catherine Ngefan, Nathalie Pelier, Monique Pelletier, Gilbert Pilleul, Jacques Puyaubert, Michel Tanase, Hervé Terral, Anne-Marie Touzard, Claudy Valin, Olivier Vernier, Régis Verwimp, Michèle Virol, Jean-Roger Wattez
Éditions du CTHS
2012
p. 129-141
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le thème des harkis fait partie de ces multiples phénomènes générationnels d’oubli. Longtemps reniée par notre mémoire nationale, l’image du harki cache désormais tout un lot de stéréotypes, sources également de nombreux malentendus liés au manque de travaux scientifiques. Le long silence officiel sur cette question a laissé le champ libre aux guerres des mémoires, des mémoires privatisées, très souvent instrumentalisées.
Au-delà d’un certain vide historiographique, au sein de la cellule familiale, cette chape de silence a engendré des troubles identitaires forts. Se mettent alors en place diverses stratégies, notamment la quête de réparation. Mais quelle réparation pour une perte d’identité ?
Dans un contexte marqué par le devoir de mémoire, la production littéraire portant sur les harkis résulte essentiellement d’écritures mémorielles dont les acteurs sont les enfants de harkis eux-mêmes. Ces auteurs tentent de décrire la réalité des harkis, nettement plus complexe d’ailleurs que le traditionnel antagonisme franco-algérien de la décolonisation, et se lancent dès lors dans une réhabilitation du harki.
Les sillons de la mémoire algérienne sont complexes et se veulent désormais détachés des instrumentalisations passées. Quels aspects caractérisent cette nouvelle prise de parole qui aspire à donner une historicisation ?