Dora d’Istria (1828-1888), une intellectuelle européenne oubliée
2012
Michel Tanase

Extrait de : "Les Oubliés de l'histoire (édition électronique)"
Sous la direction de Régis Bertrand et Jean Duma
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Textes de Germaine Aujac, Armelle Bonin-Kerdon, Mylène Costes, Pascal Even, Xavier Gélinas, Stéphane Gomis, Jacqueline Goy, Marie-Claire Groessens-Van Dyck, Monique Gros, Roger Hanoune, Albert Hesse, Aurore Hillairet, Olivier Justafré, Katia Khemache, Gillette Labory, Philippe Mainterot, Maurice Messiez, Catherine Ngefan, Nathalie Pelier, Monique Pelletier, Gilbert Pilleul, Jacques Puyaubert, Michel Tanase, Hervé Terral, Anne-Marie Touzard, Claudy Valin, Olivier Vernier, Régis Verwimp, Michèle Virol, Jean-Roger Wattez
Éditions du CTHS
2012
p. 205-213
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Ce nom, Dora d’Istria, est le pseudonyme d’une « intellectuelle » avant la lettre : Elena Ghica, née à Bucarest en 1828, d’une famille princière de Moldavie et Valachie. Son enfance se passe en Valachie et une partie de sa jeunesse entre Dresde, Vienne, Berlin et Venise. Elle reçoit une instruction fort complète. À 15 ans, elle traduit en allemand l’Iliade et elle écrit quelques pièces de théâtre. Ensuite, elle étudie la peinture. En 1849, elle rentre avec sa famille dans son pays, épouse un jeune officier de la garde impériale russe, le prince Alexandre Koltzoff-Massalsky, et le suit en Russie. La mésentente avec son époux et la mort de leurs deux enfants la décident à quitter la Russie en 1855. Elle trouve refuge en Suisse, voyage en Belgique, en Suisse allemande, italienne et française. Elle commence à écrire, en français, sous le pseudonyme Dora d’Istria, dans des revues d’Italie, France, Belgique, Suisse et Allemagne. Son œuvre, considérable, recoupe quelques idées essentielles du XIXe siècle : nationalisme et nationalité, féminisme, cosmopolitisme. Elle mourra en 1888, à Florence. La chronologie de son oubli progressif est étudiée.