Un cartographe méconnu : François de La Guillotière
2012
Monique Pelletier

Extrait de : "Les Oubliés de l'histoire (édition électronique)"
Sous la direction de Régis Bertrand et Jean Duma
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Textes de Germaine Aujac, Armelle Bonin-Kerdon, Mylène Costes, Pascal Even, Xavier Gélinas, Stéphane Gomis, Jacqueline Goy, Marie-Claire Groessens-Van Dyck, Monique Gros, Roger Hanoune, Albert Hesse, Aurore Hillairet, Olivier Justafré, Katia Khemache, Gillette Labory, Philippe Mainterot, Maurice Messiez, Catherine Ngefan, Nathalie Pelier, Monique Pelletier, Gilbert Pilleul, Jacques Puyaubert, Michel Tanase, Hervé Terral, Anne-Marie Touzard, Claudy Valin, Olivier Vernier, Régis Verwimp, Michèle Virol, Jean-Roger Wattez
Éditions du CTHS
2012
p. 239-248
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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La notoriété de certains cartographes était fragile, comme le montre la carrière de François de La Guillotière (né à Bordeaux, mort à Paris dans la misère en octobre 1594). Ce « cosmographe » a élaboré une importante carte de France, gravée sur bois et imprimée vingt ans après sa mort dans six éditions successives où le nom de l’auteur s’efface derrière celui de l’éditeur parisien Jean IV Leclerc. La Guillotière a produit d’autres cartes, manuscrites et gravées, dont une seule, celle d’Île-de-France, a été reproduite dans un atlas et nous est ainsi parvenue. Loué par ses contemporains dans les années 1570-1580, le « cosmographe » fut victime des conditions politiques et économiques de la fin du XVIe siècle. La date de sa mort l’empêcha de tirer parti de ses connivences avec la maison de Navarre, alors que les mérites des auteurs des cartes de France demandaient à être reconnus par le roi dont ces représentations symbolisaient le pouvoir. Les dimensions de la Charte de la France – les neuf feuilles assemblées mesurent 104 x 147 cm – en ont fait un document fragile, difficile à conserver et à copier dans les atlas flamands et français des années 1590. Auparavant, les premiers avaient assuré la notoriété de Jean Jolivet, auteur d’une carte de France de moindre qualité, mais agrandie pour être peinte sur le mur d’une des galeries vaticanes.