La rencontre fructueuse, à Ratisbonne, de deux Français exilés, entre la fin du XVIIIe siècle et les années 1830
2012
Jean-Roger Wattez

Extrait de : "Les Oubliés de l'histoire (édition électronique)"
Sous la direction de Régis Bertrand et Jean Duma
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Textes de Germaine Aujac, Armelle Bonin-Kerdon, Mylène Costes, Pascal Even, Xavier Gélinas, Stéphane Gomis, Jacqueline Goy, Marie-Claire Groessens-Van Dyck, Monique Gros, Roger Hanoune, Albert Hesse, Aurore Hillairet, Olivier Justafré, Katia Khemache, Gillette Labory, Philippe Mainterot, Maurice Messiez, Catherine Ngefan, Nathalie Pelier, Monique Pelletier, Gilbert Pilleul, Jacques Puyaubert, Michel Tanase, Hervé Terral, Anne-Marie Touzard, Claudy Valin, Olivier Vernier, Régis Verwimp, Michèle Virol, Jean-Roger Wattez
Éditions du CTHS
2012
p. 317-323
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Ville prestigieuse où siégeait la Diète du Saint-Empire romain germanique, Ratisbonne (Regensburg) vit affluer, à la fin du XVIIIe siècle, bon nombre de Français à la suite des troubles induits par la Révolution. Le hasard a voulu que deux de nos compatriotes s’y retrouvent. L’un, le comte de Bray (1765-1832), d’origine rouennaise, est un diplomate. En poste près de la Diète, il se retrouva en position d’émigré. L’autre, Jeunet-Duval (1751-1828), natif de Roye en Picardie, est un officier qui s’est exilé, apparemment à la suite d’un duel meurtrier.
Un intérêt commun pour les sciences naturelles les fit se rencontrer et sympathiser. Malgré une différence de niveau social susceptible de les séparer, ils devinrent très proches. Alors que de Bray poursuivait une brillante carrière de diplomate au service du royaume de Bavière, Jeunet-Duval se prit de passion pour la botanique. Il fut l’un des fondateurs de la Société de botanique de Ratisbonne, participa à des excursions et surtout rédigea à la fin de sa vie une flore locale (Irlbacher Flora) qui demeure, près de deux siècles plus tard, une référence pour les botanistes et bryologues régionaux. Peu après son décès, le comte de Bray rédigea un émouvant article nécrologique à la mémoire de son ami disparu. La nomenclature des végétaux a permis que le nom de ces deux personnages ne soit pas oublié, car plusieurs noms de genres et d’espèces évoquent leur souvenir.