Le jour où ma mère n’a plus tenu ses comptes
2012
Françoise Bayard

Extrait de : "Mémoire familiale, objets et économies affectives"
Sous la direction de Tiphaine Barthélémy et Joël Candau
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Textes de Frédéric Balard, Françoise Bayard, Julien Bernard, Véronique Dassié, Maïté Etchechoury, Dominique Frère, Nathalie Gintzburger, Marie-Isabelle Merle Des Isles, Laurent Regard, Émilie Sureau, Romain Thomas
Éditions du CTHS
2012
p. 23-35
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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De 1940 à 1963, ma mère a inscrit, quinzaine par quinzaine, semaine après semaine, mois par mois puis jour par jour, les comptes de la maison puis les dépenses qu’elle réglait en espèces dans de petits carnets ou des agendas. En dépit de quelques lacunes ou imprécisions, l’utilisation de ces chiffres et de leurs destinations permet d’appréhender les événements familiaux (installation du couple, naissances et croissance des enfants, maladies, etc.), la répartition d’un budget familial depuis les années de guerre jusqu’au début de la société de consommation en fonction de l’évolution des prix et des salaires, les pratiques sociales ainsi que les modèles suivis, notamment dans le domaine de l’alimentation, des loisirs et de l’éducation des enfants grâce aux possibilités offertes par la croissance économique des Trente Glorieuses et à la croyance en la méritocratie.