D’étranges « monuments » : les dons de tableaux dans les testaments épiscopaux du XVIIIe siècle
2012
Laurent Regard

Extrait de : "Mémoire familiale, objets et économies affectives"
Sous la direction de Tiphaine Barthélémy et Joël Candau
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Textes de Frédéric Balard, Françoise Bayard, Julien Bernard, Véronique Dassié, Maïté Etchechoury, Dominique Frère, Nathalie Gintzburger, Marie-Isabelle Merle Des Isles, Laurent Regard, Émilie Sureau, Romain Thomas
Éditions du CTHS
2012
p. 59-70
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Souvent abordées comme élément d’une culture matérielle, certaines images se voient néanmoins offrir un sort particulier dans les testaments épiscopaux du XVIIIe siècle. Cette singularisation se rattache à leur capacité à cristalliser quelque chose du donateur. Commencer par mettre en avant le processus de particularisation des œuvres (selon la façon dont elles sont décrites, leur lieu d’exposition, l’histoire dont elles sont porteuses, etc.), c’est se mettre en état de comprendre comment ces images viennent matérialiser et renforcer des liens d’affection ou de service. La façon dont ces différentes valeurs reconnues aux œuvres interfèrent et jouent selon les donataires permet de saisir l’équivalence que les évêques établissent entre la valeur de l’objet donné et la valeur du donataire, mêlant affectif et social.
Conçue comme une étude des conditions contribuant à la particularisation des objets ainsi qu’à leur participation aux « économies affectives », cette étude se veut aussi une contribution à une histoire de la valeur des œuvres, abordée d’un point de vue moins ontologique qu’historique et social.