La thésaurisation affective des objets-souvenirs : du chez-soi au musée
2012
Véronique Dassié

Extrait de : "Mémoire familiale, objets et économies affectives"
Sous la direction de Tiphaine Barthélémy et Joël Candau
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Textes de Frédéric Balard, Françoise Bayard, Julien Bernard, Véronique Dassié, Maïté Etchechoury, Dominique Frère, Nathalie Gintzburger, Marie-Isabelle Merle Des Isles, Laurent Regard, Émilie Sureau, Romain Thomas
Éditions du CTHS
2012
p. 115-128
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Quand les objets domestiques prennent la valeur de précieux souvenirs, ils deviennent des objets que l’on ne peut se résoudre à jeter. S’ils n’ont en fait que peu de mémoire, ils n’en sont pas moins des petits riens à haute valeur symbolique pour celui qui les garde. Mais leur devenir peut un jour poser question. L’affection qui leur est portée conduit parfois leur gardien à voir dans le musée de société un ultime récipiendaire. L’objet personnel y sera alors le support d’une mémoire collective. Mais la mémoire qu’il solidifie s’avère là encore moins fiable qu’il n’y paraît. L’émotion qui contribue à la fabrication de ces témoins du passé les remplit plus d’oubli que de mémoire. Pour devenir les indices d’un collectif que l’institution patrimoniale pourra accueillir, il leur faut en effet perdre l’empreinte de ceux qui les ont aimés. L’article décrypte les rouages affectifs de la production d’une identité collective à laquelle contribuent ces objets du quotidien, et l’économie symbolique qu’elle implique.