Marie-Thérèse d’Autriche ou les infortunes de la vertu
2012
Joëlle Chevé

Extrait de : "Être reconnu en son temps : personnalités et notables (édition électronique)"
Sous la direction de Maurice Hamon et Ange Rovère
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Éditions du CTHS
2012
p. 7-13
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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L’épouse de Louis XIV est l’une des reines de France les plus décriées et les plus méconnues. La biographie que nous lui avons consacrée, nourrie de toutes les sources disponibles et notamment des témoignages de ses contemporains remis dans leur contexte précis, fait apparaître un personnage beaucoup, plus dense et autonome que ce qu’il en a été dit. Cet exposé s’attachera à expliquer pourquoi ses origines espagnoles, sa formation religieuse, sa conception de sa mission sur le trône et ses qualités personnelles, qui répondaient en tout point à ce que Louis XIV et la France de la Réforme catholique attendaient d’elle, n’ont pas été portées à son crédit. Curieux renversement de valeurs dont la responsabilité n’incombe pas à Louis XIV mais à sa Cour. Contrairement aux favorites, Marie-Thérèse ne participe pas au système de distribution des grâces et, contrairement aux reines qui l’ont précédé, elle ne crée pas une contre-Cour qui aurait pu s’opposer à celle du roi. Sa loyauté à l’égard d’un mari infidèle mais respectueux de sa naissance, de son rang et de sa piété, cristallise les rancœurs des courtisans et, au-delà, arment les démonstrations des historiens, qui arguent de sa docilité et de sa prétendue imbécillité pour dénoncer la tyrannie du Roi-Soleil ou au contraire justifier ses incartades conjugales...