Éléonore d’Autriche, une reine de France oubliée
2012
Michel Combet

Extrait de : "Être reconnu en son temps : personnalités et notables (édition électronique)"
Sous la direction de Maurice Hamon et Ange Rovère
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Éditions du CTHS
2012
p. 15-25
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Sœur aînée de Charles Quint, deuxième épouse de François Ier, Éléonore d’Autriche fut reine de France de 1530 à 1547. Elle fut accueillie comme gage de paix, et ce message fut largement diffusé par l’affiche et par les nombreuses entrées qu’elle effectua dans les villes du royaume.
« Meilleure sœur » de l’empereur, épouse de son principal ennemi, le roi de France, la première reine étrangère de l’époque moderne a multiplié les initiatives pour faire triompher la paix entre les deux souverains. Et quelquefois avec succès.
Absente du mausolée royal de Saint-Denis, elle est pratiquement absente de l’historiographie savante ou érudite comme des manuels scolaires, et son rôle est oublié, sinon nié. Victime d’un mur de silence érigé dès le XVIe siècle par le « parti » hostile à la paix avec l’Espagne, puis de la détestation qu’éprouvait Henri II pour tout ce qui lui rappelait ses années de captivité castillanes, d’une légende noire, elle a aussi souffert de la comparaison avec des personnalités féminines contemporaines plus éclatantes.