Henri Ferrand (1853-1926), une figure intellectuelle grenobloise : mécanismes de la reconnaissance et de la notoriété dans l’univers savant provincial
2012
Samuel Kuhn

Extrait de : "Être reconnu en son temps : personnalités et notables (édition électronique)"
Sous la direction de Maurice Hamon et Ange Rovère
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Éditions du CTHS
2012
p. 71-88
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Plusieurs fois président des plus importantes sociétés savantes grenobloises, l’avocat Henri Ferrand pourrait passer pour le prototype du notable de la bonne société intellectuelle provinciale. Mais cet érudit touche-à-tout, à la fois bibliophile, photographe et pionnier de l’alpinisme, cherche d’abord à construire sa légitimité par sa pratique de terrain. Dépourvu de toute formation scientifique et face à la concurrence des professionnels, il ne réussit pas moins à s’imposer comme une figure de l’érudition alpine.
Le cas Ferrand est révélateur des mécanismes de la reconnaissance dans l’univers des élites locales. Au-delà d’une analyse de réseaux socioculturels, il invite aussi à s’interroger sur ce qui en fonde la légitimité, tant sur le plan discursif que dans la pratique sociale.
Cette réflexion, puisant dans les archives des sociétés savantes, publications et archives privées, s’inscrit dans une recherche plus large menée dans le cadre d’une thèse de doctorat sur la figure de l’érudit local, passeur et inventeur d’histoire aux XIXe et XXe siècles.