Henri de La Tour d’Auvergne, duc de Bouillon, un personnage connu et mal connu
2012
Romain Marchand

Extrait de : "Être reconnu en son temps : personnalités et notables (édition électronique)"
Sous la direction de Maurice Hamon et Ange Rovère
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Éditions du CTHS
2012
p. 91-96
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

  Télécharger le document (les articles de plus de 3 ans sont gratuits)

Henri de La Tour d’Auvergne, né en 1555 et décédé en 1623, vicomte de Turenne et prince de Sedan, est un personnage à la fois connu et méconnu actuellement dans l’historiographie actuelle des guerres de Religion, du règne d’Henri IV et de la régence de Marie de Médicis.
Il est relativement connu dans la mesure où la plupart des ouvrages le citent à maintes reprises dans leurs index, mais il n’est jamais vraiment appréhendé comme un acteur des processus et des faits historiques évoqués. Si on étudie de façon systématique les occurrences dans les ouvrages, on comprend qu’elles font références à cinq ou six épisodes de sa vie érigés en stéréotypes.
Cette présentation du personnage tend à n’utiliser qu’une infime partie des sources disponibles, principalement des sources qui lui sont hostiles : pamphlets de la Régence, Mémoires construisant une figure diabolique du personnage, comme ceux de Sully. Il apparaît alors comme un empêcheur de tourner en rond, comme un grand dont les qualités étaient immenses mais qui a mal tourné. Un travail approfondi sur des sources variées permet de comprendre le rôle effectif d’Henri de La Tour dans un contexte particulier en évolution rapide, ce qui permet de dégager sa principale qualité : une extraordinaire capacité d’adaptation sous six rois successifs.