De l’obscur officier seigneurial au juge de paix célébré par la nation
2012
Quentin Duquesne

Extrait de : "Être reconnu en son temps : personnalités et notables (édition électronique)"
Sous la direction de Maurice Hamon et Ange Rovère
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Éditions du CTHS
2012
p. 175-187
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Dans le nouvel ordre judiciaire édifié par les constituants en 1790, ce sont les juges de paix qui incarnent le mieux l’idée de « régénération » de la justice. Notables élus par leurs pairs en assemblée cantonale, ces citoyens sont des juges de proximité hissés à une fonction hautement respectable et respectée qu’explicite leur titulature. Ils remplacent, dans la reddition de la justice locale, le seigneur, et surtout le « juge de village » honni des libellistes et des publicistes héritiers de Charles Loyseau. Pourtant, il n’est pas rare de trouver en Dauphiné des juges de paix qui aient officié dans les justices seigneuriales avant?1789. À partir de dépouillements effectués dans les séries B et L des archives départementales de l’Isère, je me propose de présenter ces hommes de l’ombre qui servaient la justice des seigneurs et que la Révolution a élevés au rang de « magistrats du peuple » (Bailly).