Un « blanc » en pays « rose », Félix Dehau (1846-1934), maire du village historique de Bouvines : figure atypique de notable lillois
2012
Jean-Louis-Clément Pelon

Extrait de : "Être reconnu en son temps : personnalités et notables (édition électronique)"
Sous la direction de Maurice Hamon et Ange Rovère
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Éditions du CTHS
2012
p. 203-222Analyse du cas paradoxal d’un monarchiste socialisant devenu un républ
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Analyse du cas paradoxal d’un monarchiste socialisant devenu un républicain élitiste : Félix-Étienne Dehau, maire de Bouvines (Nord) de 1872 à 1934.
Le nom de ce Flamand, héritier d’une colossale fortune mais ascétique et discret, semblait destiné à tomber dans l’oubli : ce notable atypique n’a délibérément jamais exploité sa renommée locale. Avant de devenir conseiller général de son canton, il est élu maire à 25 ans d’un village ignoré mais qui fut le théâtre d’un événement historique dont il ne va cesser de rappeler à l’intelligentsia de son temps l’importance dans la douloureuse construction symbolique de l’Europe. Ce légitimiste adepte du ralliement, à la fois papiste, germanophile et patriote, est réélu maire durant soixante-deux ans sans discontinuer, presque toute la durée de la IIIe République, à quelques lieues des communes qui envoient à la Chambre Jules Guesde ou l’abbé Lemire. Il fait, à la veille de 1914, ériger un saisissant monument en souvenir de l’événement de 1214 : l’église commémorative de la bataille médiévale.