Glucq et l’imagerie Pellerin d’Épinal : de l’image comme outil pédagogique à l’image publicitaire, histoire d’un échec
2012
Anne Marle

Extrait de : "Le Pouvoir de l'image (édition électronique)"
Sous la direction de Jean-René Gaborit
132e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Arles, 2007
Textes de Soufian Al Karjousli, Michel Baudat, Françoise Bayard, Florian Berrouet, Béatrice Beys, Jean-Christophe Blanchard, Jean-Guy Caumeil, Catherine Chadefaud, Claire-Lise Creissen, Gilbert-Robert Delahaye, Marie-Noële Denis, Bénédicte Estrade, Jean Flouret, Émilie Jaworski, Victor Lassalle, Anne Marle, Pascale Mormiche, Bernard Mossé
Éditions du CTHS
2012
p. 123-138
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Épinal, capitale de l’imagerie populaire, eut de 1880 à 1896 l’idée d’adapter ses images au courant scientifique d’une époque en pleine industrialisation. L’originalité de la « Série encyclopédique Glucq des leçons de choses illustrées », née de l’association de l’imagerie Pellerin et de l’éditeur publiciste parisien Gaston Lucq dit Glucq, est d’avoir apporté un aspect totalement novateur aux thèmes iconographiques cantonnés jusqu’alors à l’histoire, à la religion et aux contes de fées.
L’idée de Glucq et de l’imagier fut de remplacer les héros des histoires racontées en images par des « produits de consommation », répondant ainsi d’une façon simple et efficace à la curiosité des milieux populaires et bourgeois fascinés par l’industrialisation. L’école étant devenue obligatoire depuis 1882, et les sciences physiques et naturelles étant introduites sous le nom de leçons de choses dans l’enseignement primaire, le thème des images, reliées en un volume de cinquante planches, porta sur l’observation des objets ou de la nature associée aux découvertes scientifiques et à leurs applications : histoire du fer, du verre, du gaz, du sucre... Mais ces images gardaient toujours un caractère publicitaire et, malgré l’enthousiasme des instituteurs, le gouvernement n’encouragea pas l’entreprise.
Le coût du projet n’apporta pas le succès escompté et, en 1896, Glucq dut céder ses parts de propriété à l’imagerie Pellerin qui retira à l’iconographie toute allusion publicitaire, la réactualisa et la modernisa. Elle intitula la nouvelle production parue en 1905 « Série encyclopédique Glucq des leçons de choses illustrées ». Après la Première Guerre mondiale, la série évolua un peu puis s’essouffla.