L’âge de l’empereur. Un cas de manipulation de l’image
2012
Bénédicte Estrade

Extrait de : "Le Pouvoir de l'image (édition électronique)"
Sous la direction de Jean-René Gaborit
132e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Arles, 2007
Textes de Soufian Al Karjousli, Michel Baudat, Françoise Bayard, Florian Berrouet, Béatrice Beys, Jean-Christophe Blanchard, Jean-Guy Caumeil, Catherine Chadefaud, Claire-Lise Creissen, Gilbert-Robert Delahaye, Marie-Noële Denis, Bénédicte Estrade, Jean Flouret, Émilie Jaworski, Victor Lassalle, Anne Marle, Pascale Mormiche, Bernard Mossé
Éditions du CTHS
2012
p. 195-214
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Depuis Auguste jusqu’à Commode, sous le Haut-Empire romain, plusieurs empereurs ont manipulé leur image pour paraître plus jeunes qu’ils ne l’étaient en réalité. Il s’agit de leur image physique, qui se manifeste principalement sous forme statuaire. Si le règne impérial est long, l’image peut évoluer ; si le règne est court, l’empereur est figé dans une image de vieillesse ou de jeunesse.
La volonté de contrôler son image ne se laisse pas seulement visualiser dans les portraits flatteurs de l’empereur. Les textes antiques, notamment les biographies, mais aussi les portraits versifiés par les poètes, nous apportent des renseignements complémentaires sur les actions que peut avoir l’empereur sur son image. Néanmoins, certains empereurs ont refusé de corriger leur image et ont voulu apparaître tels qu’ils étaient.
Le contrôle de l’apparence participe d’une volonté de lutter contre le temps, d’annihiler ses stigmates. L’empereur doit paraître invincible même face à la loi qui plie tous les hommes. De là un jugement sur la capacité à exercer le pouvoir. Il existe un débat sur l’âge de l’empereur, philosophique et politique. Une norme est fixée, dont s’écarte plus ou moins l’homme au pouvoir.