Entre histoire et politique. L’hommage du livre dans les exemplaires royaux des Grandes Chroniques de France (1274-1493)
2012
Béatrice Beys

Extrait de : "Le Pouvoir de l'image (édition électronique)"
Sous la direction de Jean-René Gaborit
132e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Arles, 2007
Textes de Soufian Al Karjousli, Michel Baudat, Françoise Bayard, Florian Berrouet, Béatrice Beys, Jean-Christophe Blanchard, Jean-Guy Caumeil, Catherine Chadefaud, Claire-Lise Creissen, Gilbert-Robert Delahaye, Marie-Noële Denis, Bénédicte Estrade, Jean Flouret, Émilie Jaworski, Victor Lassalle, Anne Marle, Pascale Mormiche, Bernard Mossé
Éditions du CTHS
2012
p. 215-224
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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La présentation du livre par son auteur, son traducteur, un membre de l’entourage princier, est un sujet souvent représenté au début d’un texte, plus rarement à la fin ou au cœur de celui-ci.
Qu’elle corresponde à un moment réel ou virtuel, cette miniature comparable à un hommage vassalique accueille le futur lecteur de l’œuvre : son destinataire initial ou bien un autre postérieur à son élaboration. Selon le livre et son histoire, la scène perdure, disparaît ou se transforme selon la volonté du nouveau commanditaire. Dans les exemplaires royaux des Grandes Chroniques de France, dont le texte embryonnaire, achevé par Primat de Saint-Denis en 1274, fut sans cesse réélaboré par ses successeurs, son iconographie est mouvante. L’artiste sollicité reprend un modèle établi, s’en éloigne, ou le combine à d’autres représentations du pouvoir. Au-delà des variations iconographiques constatées, initiées par le roi ou son entourage, l’hommage du livre appartient à ces images qui affirment une légitimité dynastique de Philippe III le Hardi à Charles VIII.